Hello toi. Tu ne te souviens peut-être pas avoir écris cette lettre, mais pourtant, ce souvenir est bien là. Aujourd’hui, tu as 32 ans. Ça me fait du mal rien que de l’écrire, et pourquoi ? Parce que ayant déjà du mal à passer le cap des 22 ans, je n’imagine même pas les 32 ans. Pour te contextualiser l’écrit de cette lettre, tu es dans ta chambre d’enfant, un café sur le bureau. On est lundi et tu travailles pour la première année à ton compte en tant que graphiste freelance. Tu galères mais tu gères, enfin pour l’instant. Cette année 2019, c’était une année un peu décisive, une année de tous les changements. Tu as vécu ton premier voyage seule, à l’autre bout du monde. Tu es rentrée et depuis, tu ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais ça ne va pas. Ça ne va pas fort, parce que tu savais que là où tu es revenue ne te correspond plus. Tu devais encore terminer tes études, dans un domaine qui, certes t’animait, mais où tu ne voyais pas une fin concrète, ah, tu aimais bien le concret, les surprises, très peu pour toi. Tu avais en fait hâte de les terminer ces études, de voler de tes propres ailes mais surtout d’aller t’accomplir ailleurs.

Alors voilà, 10 ans plus tard, j’espère que cet ailleurs, que ce soit ton chez toi où ta vocation professionnelle, tu l’as trouvé. Un ailleurs dont tu rêvais, les Etats-Unis, une vie simple mais différente de celle que tu menais en France. Un travail qui te plait, une entreprise à toi, un projet qui t’appartient et qui te ressemble. Si tu as fait du bon travail, tu devrais ne plus seulement être graphiste mais autre, styliste, entrepreneur, blogueuse encore qui sait. Tout ce que j’espère, c’est que tu as réussi à réaliser ces rêves que tu entretenais depuis le fond de ton lit déjà en étant petite fille.

Je pense, j’en suis même persuadée, que tu n’as pas encore d’enfants. Est-ce que tu en veux à ce jour, je n’en sais rien, je sais que tu as évolué et, si tu ressemble encore un peu à la Morgan du passé, change souvent d’avis, même si j’espère que cette partie de toi s’est assagie. Tu es peut-être mariée, le rêve de ta vie, et j’espère que ce jour s’est déroulé comme tu le voulais. Un cliché pour certains, un rêve immense pour celle que tu étais.

Au delà de toutes ces choses qui font la vie mais qui restent tellement superflues, je vais te parler de paix. J’espère que durant ces dernières années, tu as fait le travail nécessaire pour être en paix avec toi même. Demander une paix complète serait vraiment illusoire, si je te connais bien, tu dois encore de torturer l’esprit et te tourmenter pour un rien, mais ça aussi j’espère que tu l’as guéri. Je te parle d’une paix d’abord physique, celle avec ton corps, ce corps que tu as tellement détesté, ce corps de 20 ans, mais, j’en suis presque sûre, qu’à ce jour, tu regrettes amèrement. J’espère que tu as trouvé la bonne combinaison, la façon de vivre qui te correspond pour vivre en harmonie avec ce corps qui, finalement, t’accompagnera toute ta vie. Que les kilos en trop, soit tu les gères avec brio, soit tu les accepte et passe à autre chose, regardant ton corps en souriant et en te disant que tu l’aimes bien comme il est. Que tu as trouvé un équilibre de vie qui te permet de rire et de sourire chaque jour, de ne pas te laisser emporter par ton habituelle manie de voir le négatif partout. Que le positivisme que tu essayais d’instaurer il y a dix ans a porté ses fruits, que tu regardes le monde avec plus de bienveillance, que tu vois, comme ta maman te l’a toujours dis, que chaque problème a sa solution, et que tu en trouves des solutions. J’espère aussi que tu as vaincu tes peurs, ces peurs qui te paralysaient à 22 ans, qui t’empêchaient de faire tellement de choses et dont personne n’était au courant. J’espère que ça aussi, c’est fini.

Je ne pense pas que prendre dix ans et un médicament à tous les tourments de son passé, de ce qu’on ressentais quand on avait 22 ans. En dix ans, il s’en passe des choses… J’espère juste que tu as pris ces dix ans pour grandir, accomplir des choses, réalisé une partie de tes rêves, être heureuse et surtout surtout, trouver qui tu es. Cette fille qu’il y a dix ans tu affirmais ne pas connaitre, cette jeune femme finalement que tu avais du mal à voir grandir et que tu considérais encore comme une petite fille, incapable de tout, en pleine recherche d’elle-même. Je te souhaite d’avoir choisi une vie qui te correspond, sans regrets aucuns, une vie épanouissante et qui ne te fait en aucun cas regretter celle que tu avais à 22 ans. Message subtil à la moi du présent qui se promet de trouver cette elle du futur, fidèle à ses valeurs, accrochée à ses rêves. Dix ans, ça passe vite, mais il peut s’en passer, des choses.

 

 

 

 

 

 

 

 

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